Crowning glory, mise en abyme d’un échec réussi

A la Maison de la musique et de la danse de Bagneux

Comment le vilain petit canard devient-il cygne ? Le pion, reine ? L’histoire d’un parcours initiatique, une traversée du miroir inspirée de Lewis Caroll et de son Alice, tout en jeu d’ombres et d’illusions ce soir et demain à la maison de la musique et de la danse à Bagneux.

Installé dans le décor d’un salon de coiffure, Crowning Glory commence sur le ton de la banalité pour basculer dans une quête fondamentale. Celle d’une femme qui retrouve à travers le miroir la petite fille qu’elle a été, les épreuves qu’elle a traversé. Et comme si c’était possible, la femme devenue coiffeuse passe de l’autre côté du miroir et raconte l’histoire de la petite fille, son histoire. L’histoire d’un pion qui peine à trouver sa place sur l’échiquier de la vie. Un pion qui voudrait devenir reine. Et l’air de ne pas y toucher, Colette Garrigan, marionnettiste anglaise installée en France, qui en impose aussi par sa présence d’actrice complètement reliée au public, déploie une extraordinaire mise en abyme pour renouer les fils des origines.

«  J’ai eu envie de parler du comment transformer les choses, dit Colette Garrigan de la compagnie Akselere. Comment changer notre façon de voir les choses, l’angle, afin de se métamorphoser, enfin de laisser le vilain petit canard devenir cygne, ou plutôt laisser le pion devenir Reine.Il faut aller de l’autre côté du Miroir, il faut aller voir ce monde à l’envers afin de se transformer, de se réaliser et de voir le monde à travers nos propres yeux et non pas à travers les yeux de quelqu’un d’autre. »
Tout au long du spectacle Colette Garrigan passe de l’anglais au français avec une grande fluidité, comme elle passe d’un personnage à l’autre, sans qu’il soit besoin d’une quelconque traduction. Car plutôt que les mots, c’est par le jeu d’une manipulation très fine et d’un impressionnant théâtre d’ombres que l’artiste ouvre la boîte de pandore des traumas d’enfance. Crowning Glory a la douceur d’un baume réparateur.

Durée : 1h05 | compagnie : Akselere | texte et mise en scène : Colette Garrigan, Sylvain Diamand | sous les regards de : Joanne Foley, Sylvain Diamand et Robin Frédéric | interprétation : Colette Garrigan | scénographie : Sylvain Diamand | univers sonore : Jeff Gondek | création lumière : Laurent Filo | Régisseur : Olivier Beaudequin | plasticien : Jonas Delhaye | Couture : Nathalie Deslandes | modiste : Hizzy | collaboration artistique à la dramaturgie : Marja Nykanen et Claude Lapointe | collaboration artistique : Sarah de Foresta et Johanna Saalo.

En coproduction avec l’Espace Jean Vilar d’Ifs et le Théâtre Jeune Public de Strasbourg. La compagnie est subventionnée par le Ministère de la culture et de la communication (DRAC Basse-Normandie).

Vendredi 26 et samedi 27 novembre à 20h30.