LA NUIT 2011


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Innovation remarquable de cette 3e Nuit de la marionnette organisée par le Théâtre Jean Arp de Clamart : le coin dodo au 3e étage, squatté régulièrement dès minuit. Autre bonne initiative, des couvertures en nombre : même s’il faisait nettement moins froid que l’an dernier, avec la fatigue, on est plus sensible.
Une fréquentation en légère baisse (la faute à un week-end du 11 novembre ensoleillé ?) mais de beaux spectacles dans l’ensemble, variés dans leur genre et dans leur forme, adaptés à la soirée : drôles, courts et dans un rapport de jeu très direct avec la salle. Succès assuré en ouverture de soirée avec Dernier thé à Baden Baden, l’histoire plus que trouble d’un agent double en images, en bruitages (à coup de poireaux, choux, ballons, bulles et tutti frutti le tout à vue) et en chair et en os. Puis, pendant que Christian Carrignon du Théâtre de Cuisine se livrait à quelques explications scéniquement démontrées sur les origines du théâtre d’objets et rendait ainsi hommage à la Gare centrale et au Vélo théâtre ; d’autres, avec la Symphonie électroménagère, enchantaient le challand avec des bruitages de chambre à coucher ou de cuisine, en particulier durant les dix dernières minutes du spectacle où le public est invité à bidouiller à son tour…
On en a même vu qui ne voulait plus s’arrêter. On pouvait aussi passer un joli moment chez Mr Watt, drôle de petite bobine à fils et à filaments échappée d’une lampe de chevet et faire halte devant l’Auto Vélocipédie Manipulatoire, rouages biscornus pour se faire du bien, dixit les auteurs de la chose, avant de subir les assauts de la Ménagerie… Soient deux jeunes gens en costumes grand siècle haranguant les badauds (ils viennent de la rue) à coups de promesses lascives, traînant à leur suite un bien étrange cabinet de curiosité. Dans le bureau du directeur, L’Aurore ; dans les loges, Lolo Ferrari ou Erotic Michard ; au bar, Colette Carrigan au 36e dessous et bien d’autres encore, dont certains plusieurs fois au cours de la nuit…
Une véritable performance pour les artistes.
Au fil de la soirée, les groupes se sont défaits et mélangés... c’est la loi du genre ! _ Sur le pont, l’équipe du théâtre, talkie walkie à la ceinture et plan de soirée en main, a veillé au grain toute la nuit et bu le café avec les derniers. 100 personnes étaient encore là à l’aube pour Madame Bovary et une cinquantaine à la Symphonie ménagère qui a bouclé la nuit par un bal techno avec le public déchaîné dans le parking.

Maïa Bouteillet