MAR.T.O. Kezako ?

2012

Opération réussie. Car l’amour de la marionnette ne fait pas tout. Deux changements de direction, Pierre-François Roussillon à Malakoff et Laurence Ackermann à Fontenay-aux-Roses, à quelques mois d’intervalle seulement ! Le risque était réel et l’inquiétude palpable.
Or, non seulement MAR.T.O. continue mais il profite de l’arrivée de ce sang neuf pour creuser un peu plus son projet et le sens de sa démarche. Le conventionnement de Clamart participe également à nous donner à tous un point d’ancrage solide. Nous voulons dans les années qui viennent renforcer la dimension festivalière de MAR.T.O., travailler sur des temps forts et des événements marquants. Chaque théâtre est invité à proposer un moment spécifique en lien avec son projet. C’est ce que nous faisons cette saison avec Jani Nuutinen qui installera son village de chapiteaux à l’Espace Cirque d’Antony. Ce barbu du nord, homme de cirque et des grands espaces, viendra nous régaler avec ses spectacles intimes et bricolés.

Marc Jeancourt
Théâtre Firmin Gémier / La Piscine


Parce qu’elles sont minuscules ou géantes. A gaine ou à fil. Portées, figuratives ou abstraites. Parce que de l’objet le plus anodin naît la vie. Parce que les autres arts s’en mêlent parfois. Parce que le spectacle se joue sur une table, 10 m² ou sur de grands plateaux, pour dix spectateurs ou une salle comble. Parce que c’est ancestral et profondément contemporain.Parce que cela fait appel aux auteurs et aux nouvelles écritures. Parce que c’est singulier, inventif, surprenant, protéiforme. Parce qu’ils sont aujourd’hui nombreux à créer, bricoler, passer de l’établi à la scène. Parce qu’ils nous racontent des histoires de notre temps. Et pour bien d’autres raisons encore…

Farid Bentaïeb
Théâtre Jean Arp


Venir à MAR.T.O., c’est partir pour un grand voyage tant le paysage de la création contemporaine marionnettique est vaste et plein de surprises. On y découvre des artistes qui n’ont ni peur du noir ni de la lumière. On traverse des contrées inexplorées par d’autres disciplines, on y côtoie le minuscule et le démesuré, l’intime et l’universel. Venir à MAR.T.O., c’est mettre ses « à priori » de côté, aiguiser sa curiosité, satisfaire son besoin de sensations fortes. Venir à MAR.T.O., c’est aussi briser les frontières géographiques en voguant d’un théâtre à l’autre car ce Festival hors du commun découle d’une passion partagée par cinq directeurs et directrices de théâtres des Hauts-de-Seine.
Pour cette nouvelle édition, le Théâtre des Sources vous propose une excursion en terre d’Objets… Johanny Bert, nouveau directeur du Centre Dramatique National de Montluçon, s’empare de l’objet pour sa nouvelle création. L’Emission, un texte de Sabine Révillet, nous plonge en plein cœur d’un cauchemar de télé-réalité. Pour une jauge réduite à 30 spectateurs, ce spectacle au vitriol invite les figurines des Playmobil pour une farce cathodique pas très correcte !
En parallèle, l’exposition du Bob Théâtre, transforme les mots et les expressions les plus courantes en calembours visuels hilarants.
Nous espérons que cette aventure sera le lumineux objet de votre désir.

Laurence Ackermann
Théâtre des Sources


Après l’accueil en 2011 du projet singulier de l’artiste israélien Amit Drori, Savanna, le Théâtre 71 affirme de nouveau pour cette treizième édition du festival MAR.T.O. son engagement envers la création. Aussi, avec la présentation du spectacle Les Mains de Camille ou le temps de l’oubli, le nouvel opus composé par la compagnie Les Anges au Plafond, la Scène Nationale poursuit son compagnonnage avec des artistes implantés à Malakoff et dont les spectacles résonnent à un niveau hexagonal. En accueillant cette proposition en résidence à la Fabrique des Arts, en lui faisant bénéficier d’un apport financier en coproduction, le Théâtre 71 aura ainsi témoigné pour ce projet un soutien appuyé.
Les Mains de Camille ou le temps de l’oubli, spectacle inspiré de l’oeuvre et du destin de Camille Claudel, donnera naissance à des marionnettes surgies d’un bloc de papier froissé comme pétries des mains de l’artiste. Un travail atypique et passionnant, portant la marque personnelle et attachante de la compagnie. Dans le cadre de MAR.T.O., cette nouvelle et prometteuse création sera présentée pour la première fois en Île-de-France sur le plateau du Théâtre 71.

Pierre-François Roussillon
Théâtre 71


Pour cette 13ème édition du Festival MAR.T.O., le Théâtre Victor Hugo a décidé d’offrir au public un parcours artistique orchestré par le collectif Aïe aïe aïe et la compagnie À. Trois petites formes pour retrouver - pour ceux qui les connaissent déjà – ou découvrir – pour les autres – Julien Mellano et Dorothée Saysombat. Promenade pour adepte du théâtre d’objet, version bidouillage créatif, poésie et humour caustique. On les adore, on a tout vu et quasiment tout programmé. Les 25 et 26 novembre prochains, on vous promet donc un petit itinéraire entre amis avec arrêt aux stations :
· Cruelles expériences, par savants flous, sur marionnettes innocentes
(PuppetCrashtest)
· Cours de catéchisme déjantés par bonne soeur un rien loufoque (Ma foi)
· Vaudeville sur table pour couples dépareillés (Ma biche et mon lapin).
C’est intelligent, inventif, drôle… Bref, c’est complètement MAR.T.O.

Marie-Lise Fayet
Théâtre Victor Hugo

Les jolis coups de MARTO

PETITES FORMES ET FIDÉLITÉ CARACTÉRISENT CETTE ÉDITION 2012
AUTANT MARIONNETTES QU’OBJETS

La 13e édition du Festival MARTO s’ouvrira en fanfare à Clamart, le samedi 24 novembre, avec la Nuit de la marionnette ! Événement du crépuscule au petit jour où une douzaine de compagnies s’approprient tout l’espace du Théâtre Jean Arp à Clamart, du parvis jusque dans les coulisses, en passant par la scène, la salle de cinéma, le bar, les escaliers — et même le marché voisin (prévoyez gros pulls et doudounes) — pour vous tenir éveillés, réjouis et emplis de curiosités…
<sjcycle81|ALIGN|docs=142,141,140,139|id_diapo=1>

Au menu, une douzaine de spectacles, formes courtes et impromptus. Dont Bastard de Duda Paiva, artiste néerlandais vu en 2010, à Fontenay-aux-Roses, avec Malédiction, et La Galère de la compagnie bretonne Bakélite, déjà venue elle aussi à MARTO en 2010, au Théâtre Firmin Gémier, avec Braquage.

Deux créations marquent ce festival.

Les Mains de Camille ou le temps de l’oubli, autour de Camille Claudel, personnage au destin tragique, de la compagnie des Anges au plafond menée par Brice Berthoud et Camille Trouvé qui ont fait du papier leur matériau de prédilection.
<sjcycle81|ALIGN|docs=130,132|id_diapo=2>

Fidèles de MARTO, et en particulier du Théâtre 71 de Malakoff— où Camille Trouvé a travaillé comme ouvreuse avant d’y être programmée — les Anges sont actuellement en résidence à la Fabrique (atelier de création attenant au Théâtre 71). S’emparant du geste de l’artiste, ils donneront naissance à des marionnettes surgies d’un bloc de papier froissé, comme la sculptrice faisait émerger des formes du marbre…

Dans un tout autre genre, L’Émission de Sabine Revillet, adapté à la scène par Johanny Bert sera créé au Théâtre des Sources, à Fontenay-aux-Roses.
Le jeune marionnettiste, nouvellement nommé à la tête du CDN de Montluçon, et que l’on avait déjà vu à MARTO avec d’excellentes Histoires post-it (à Bagneux), confirme sa prédilection pour les auteurs contemporains et sa capacité à changer de forme. Cette fois, il a choisi les figurines de Playmobil dans une petite forme farcesque jouée pour 20 spectateurs seulement pour traduire notre rapport à la télévision.

Avant et après le spectacle, les spectateurs pourront s’immerger dans l’univers loufoque du Bob Théâtre (là encore des fidèles de MARTO) qui présente Objeuxd’mots, une « caisse casse-tête » selon leurs propres termes. Autrement dit une expo interactive à tiroirs…
<sjcycle81|ALIGN|docs=150,151|id_diapo=3>

C’est justement dans le sillage du Bob que s’inscrivent les compagnies A et Aïe aïe aïe . Deux équipes complices et adeptes du bidouillage qui présentent au Théâtre Victor Hugo de Bagneux un parcours ludique avec Ma biche, mon lapin et PuppetCrashtest de Julien Mellano et Ma Foi de Dorothée Saysombat. Soient trois petites formes sur table à l’humour bien corrosif !

Deux petites formes également à Clamart, présentées là aussi dans la foulée : Pygmalion de Renaud Herbin de la compagnie LàOù (Herbin qui n’est pas non plus un inconnu à MARTO vient de prendre la tête du TJP de Strasbourg), l’histoire d’un créateur qui tombe amoureux de sa créature, adaptée d’Ovide ; et Go !, de Polina Borisova, où la créatrice fait carrément corps avec la marionnette, devient elle-même marionnette, par le biais d’une impressionnante métamorphose pour évoquer avec mélancolie le passé et le temps qui passe…
À Clamart encore — le théâtre, devenu scène conventionnée pour la marionnette, le théâtre d’objets et autres formes mêlées, s’affiche désormais comme la tête de pont du festival — on pourra voir Signaux. Du théâtre muet et hypnotique qui convoque acteurs, marionnettes et dessins, de la jeune Norvégienne Yngvild Aspeli, adapté d’une nouvelle de son compatriote Bjarte Breiteig, dans un climat sombre qui mêle visions et de douleurs fantômes… Où l’on retrouve la complicité de Polina Borisova.

<sjcycle81|ALIGN|docs=144,145,146,147,148,149|id_diapo=4>

Quant au théâtre Firmin Gémier, il confirme son orientation circassienne en accueillant la Trilogie cirque d’objets du Finlandais Jani Nuutinen (compagnie Circo aereo) : un trois-en-un chaleureux qui combine apéro, spectacles et dîner (voire même after) sous chapiteaux à taille humaine.

À partager absolument !

Maïa Bouteillet

Les trois coups de MAR.T.O. se feront entendre pour la 13ème année consécutive dans 6 villes des Hauts-de-Seine. Ainsi, le Théâtre Firmin Gémier/La Piscine des villes d’Antony et de Châtenay-Malabry, le Théâtre Jean Arp de Clamart, le Théâtre 71 de Malakoff, le Théâtre des Sources de Fontenay-aux-Roses et le Théâtre Victor Hugo de Bagneux accueillent ce festival dédié à la marionnette et au théâtre d’objets. Destinée à un public d’adultes, et c’est là toute son originalité, la manifestation programme cette année 8 spectacles de compagnies françaises et étrangères ainsi que la 4ème édition de la Nuit de la marionnette.

Le Festival MAR.T.O. est né en 2000 de l’initiative conjointe du Théâtre 71, du Théâtre des Sources et du Théâtre Jean Arp, auxquels se sont rapidement joints de nouveaux partenaires : le Théâtre de Vanves, le Théâtre Firmin Gémier d’Antony (réuni en 2008 avec le Théâtre La Piscine de Châtenay-Malabry) et le Théâtre Victor Hugo de Bagneux. Proposant de retrouver les nouvelles créations de compagnies auxquelles il est fidèle, le festival s’ouvre chaque année à des artistes émergents et ne cesse d’explorer marionnette et théâtre d’objets sous toutes les formes et manipulations. Désireux d’étendre son terrain de jeu au-delà des spectacles, il propose également des stages, des éclairages, des temps inédits et s’associe aux initiatives d’autres amoureux de la marionnette et de l’objet. Il proposera également des interviews croisées d’artistes, des vidéos des coulisses et des répétitions des spectacles ainsi que des articles et bien d’autres surprises...

Aujourd’hui, l’ensemble des théâtres qui participent au Festival MAR.T.O. accorde une place particulière au spectacle de marionnette dans leur programmation. Reflet de cet engagement, le Théâtre Jean Arp de Clamart a obtenu en juin 2010 le statut de Scène Conventionnée pour la Marionnette, le Théâtre d’Objets et autres formes mêlées.