Antony

cie Bêtes de Foire - petit théâtre de gestes

10 › 15 mars | ven, sam, mar, mer 20h | dim 16h | Espace Cirque

LA PISTE AUX SOUVENIRS

Bienvenue dans l’intimité du petit chapiteau de la compagnie Bêtes de foire, à la rencontre de deux artistes étonnants et de quelques pantins.

Ils font tout à deux ou presque, Elsa de Witte et Laurent Cabrol. L’écriture, le jeu, le montage, le démontage, la régie, le transport… Leur petit chapiteau — quasi du cousu main à la maison — tient dans un seul camion. Même la communication et la diffusion sont home made.
Et ça marche. La Preuve ? Ils en sont à la 340e et quelques représentations et il n’y a pas de raison que ce spectacle au charme fou s’arrête en si bon chemin.

Mûri dans l’intimité d’un atelier de campagne, il se bonifie même à chaque nouvelle représentation. D’ailleurs le nom du spectacle et de la compagnie se confondent, Bêtes de foire – petit théâtre de gestes. C’est un peu le spectacle de leur vie, celui dont ils disent qu’ils veulent vieillir avec. Après être passé tout jeune chez Annie Fratellini, Laurent Cabrol a cofondé Convoi Exceptionnel et Trottola et cheminé un temps avec les Romanès avant de rencontrer Elsa de Witte au Théâtre du Rugissant. Costumière au départ, Elsa vient plutôt du théâtre de rue, de compagnies comme Babylone et Alama’s givrés.

Installés quelque part vers Montpellier quand ils ne sont pas sur les route, ils ont même fait deux enfants, deux filles aujourd’hui adolescentes qu’ils emmenaient en tournée quand elles étaient petites. Une vraie famille de cirque, sans oublier le formidable petit chien, qui rappelle tellement ces histoires de cirques familiaux dont notre imaginaire est nourri. Ces histoires foraines pleines de voyage, de magie et de frisson dont Pierre Etaix avait fait le cœur de son merveilleux film Yoyo.
Cet imaginaire de l’enfance, on le sent très fort dans la présence de Laurent Cabrol, jongleur au corps incroyablement élastique (il a d’ailleurs travaillé avec la chorégraphe Raphaëlle Delaunay), dont le seul regard, interrogateur et désolé, suffit à suggérer tout un pan de l’histoire du burlesque. Il faut le voir, ce grand clown déguenillé, au beau milieu d’une piste qui semble trop petite pour lui, danser avec des piles de chapeaux ou pondre toute une colonie de balles de ping pong par la bouche, sous l’œil sévère de la maîtresse du chapiteau. Petit chignon gris serré sur la nuque, derrière sa machine à coudre, elle tape, elle coupe, elle veille, elle tire les fils de l’histoire quand elle n’enfile pas d’improbables costumes marionnettiques pour se livrer à un saisissant pas de deux. Et quand ils se sentent seuls, ils sortent d’autres personnages du placard, pantins funambules ou acrobates qui nous transportent ailleurs. En peu de gestes, un simple haussement de sourcil ou d’épaule, ils disent énormément car ils savent manier les signes autant que les objets.
La patine des objets récupérés qui composent le décor, les matières et les couleurs année 50 appartiennent au passé. Il y a quelque chose de fantômatique dans ces tableaux qui se déroulent à portée de main, un hommage, une réminiscence, des traces, un regret peut-être de cet esprit d’artisanat à taille humaine mais le spectacle d’Elsa de Witte et Laurent Cabrol n’est pas pour autant passéiste.

C’est un cirque plein de tendresse et de patience. On pourrait rester des heures sous leur petit chapiteau.

Maïa Bouteillet

› réservation en ligne pour le spectacle


Création Bêtes de Foire- petit théâtre de gestes
Durée 1h | À partir de 8 ans
En piste Laurent Cabrol, Elsa De Witte et Sokha
Sculpture personnages Steffie Bayer
Construction personnages Ana Mano, Thierry Grand
Création musicale Mathias Imbert, Natacha Muet, Piéro Pépin, Eric Walspeck
Création son Francis Lopez
Création lumières Hervé Dilé et Fabien Viviani
Gradins Fred Sintomer
Remerciements Antonin Bernier, Laurent Bonnard, To Quintas, Nino/Amalia/Mélinée
Administration Les Thérèses

Mentions obligatoires
Production Bêtes de foire- petit théâtre de gestes / Association Z’Alegria
Coproduction Scène Nationale d ’Albi et Derrière le Hublot, Capdenac
Ce spectacle a reçu l’Aide à la Création- DRAC Midi Pyrénées et Conseil
régional Midi-Pyrénées

Du rêve que fut ma vie d’après Camille Claudel

Cie Les Anges au plafond

21 & 22 mars | mar, mer 20h30 | Espace Vasarely

Portrait de Camille Claudel en lettres, sculptures de papier et contrebasse


Sur le plateau, une femme vêtue de blanc, entourée de papier, du papier blanc, vierge, lisse. Accompagnée d’une contrebassiste, elle parle : ses mots sont ceux de Camille Claudel (1864-1943), sculptrice de génie, sœur de Paul Claudel, et compagne d’Auguste Rodin. Incarnant les lettres qu’elle écrit et celles qu’elle reçoit, la comédienne manipule, déchire, froisse, plie, met en boule des bouts de papier, comme un écho aux émotions qui se bousculent dans la correspondance de l’artiste.

La vie de Camille Claudel fut intense et tragique : artiste, muse, rebelle, elle fut internée de force dans un asile psychiatrique où elle mourut après trente années d’enfermement. La compagnie Les Anges au Plafond est partie sur ses traces en travaillant sur sa correspondance, écrite et reçue : des missives de jeunesse, libertaires et provocatrices, aux courriers non expédiés de la maison de santé, le portrait d’une femme entière face à sa vie et à son art.

› réservation en ligne pour le spectacle


Durée 55 min
À partir de 14 ans

Une histoire de Camille Trouvé et Brice Berthoud
Jeu/Manipulation Camille Trouvé
Musique Fanny Lasfargues
Scénographie et mise en page Brice Berthoud assisté de Jonas Coutancier
Avec la précieuse collaboration de Saskia Berthod
Costumes Séverine Thiébault
Aide à la construction Magali Rousseau
Lumières Marina Gabillaud-Lamy


Mentions obligatoires
Une coproduction Les Anges au Plafond, Equinoxe - Scène Nationale de Châteauroux. Avec le soutien de l’Espal, Scène conventionnée.
Les Anges au Plafond sont artistes associés à la MCB° Bourges - SN, en compagnonnage avec La Maison des Arts du Léman - SC, Le Bateau feu - SN de Dunkerque, soutenus par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, conventionnés par la D.R.A.C. Ile-de-France.